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Nouveauté - Le 1er Prix du Roman Social ! Venez découvrir la sélection

Rubrique : Publications

Voilà peut-être quelques idées de lectures pour cette été ! L’association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) en partenariat avec Reporters d’Espoirs et France Bleu organise le 1er prix du roman social qui sera décerné parmi 7 ouvrages pour récompenser "le regard le plus authentique et le plus juste sur la société actuelle" le 20 Juin à 17H00 avec la présence de Martin Hirsch et Claude Alphandéry.

 

 

"Interprète auprès des demandeurs d’asile, la narratrice se révolte contre le mensonge organisé : mensonges des immigrés prêts à inventer n’importe quoi pour étayer leur dossier afin d’obtenir des papiers ; mensonge de la société qui feint de s’intéresser à leurs problèmes mais abandonne les associations chargées de les traiter à un sort aussi misérable que celui des usagers. Mensonge de la narratrice qui passe aux aveux : elle les déteste, ces immigrés. Aussi intégrée soit-elle, ils lui rappellent qu’elle a été, qu’elle est aussi l’une d’entre eux.

La force de ce récit réside dans cet instant de crise, quand un simple geste suffit à renverser les rôles. Alors, à l’instar de la condition même d’immigré, tout se déplace. Ce ne sont plus les clandestins qui sont présumés coupables mais l’interprète fonctionnaire qui les prend en charge ; le va et vient entre les langues ne se limite plus à traduire des phrases. On passe de la parole au coup, de la volonté de comprendre à la pulsion agressive. On n’écoute plus, on ne répond plus, on frappe. C’est « la fin des mots et le début des corps"

 

 

« C’est pour tenter de mieux comprendre les origines de l’œuvre du peintre qu’elle est ici, dans ce bar, face à eux, dans ce bourg imprécis, dans cette région dont elle ne soupçonnait pas la laideur. »

Elle, Camille. Le peintre, Edouard Pignon. Le bourg, Bully-les-Mines. La région, le Nord, avec ses terrils et son sous-sol de charbon, « une infinie noirceur qu’Edouard Pignon choisit de fuir pour produire cette œuvre incendiaire que quelques mois passés à lutter contre l’obscure veine de schistes suffirent à illuminer pour une vie entière. »

Dès les premières pages, l’intrigue se noue entre ces deux personnages dont le destin va suivre une trajectoire symétriquement inverse. Edouard, qui a éprouvé dans sa chair les souffrances du travail dans la mine, va exprimer sa révolte dans l’art. En choisissant l’œuvre d’Edouard comme sujet de travail, Camille va basculer personnellement dans la lutte sociale. Son œuvre à elle consistera à passer de la réflexion ou de la contemplation à l’action. Jean, le narrateur, n’est en fait que le témoin de la métamorphose d’une « imbécile. L’imbécillité de celle qui n’envisage pas la sensibilité de l’autre. »

 

 

"L’amitié n’a pas de frontière ? C’est ce que semble croire Edith, qui se prend d’affection pour Fadila, laquelle vient une fois par semaine faire le ménage chez elle. Au début Fadila agace Edith, parce qu’elle a toujours une bonne raison de ne pas venir ou d’arriver en retard, sans jamais prévenir. Puis, Edith découvre que composer un numéro de téléphone est compliqué pour Fadila. Car elle ne sait ni lire ni écrire. Alors finalement, Edith s’en fiche que la poussière ne soit pas faite et que le repassage s’entasse : c’est plus important pour elle de donner à Fadila des mots pour se dire. Elle entreprend donc de l’alphabétiser. Mais ce serait trop facile si on pouvait apprendre le B-A BA à une femme comme Fadila comme à un enfant de cinq ans et demi.

Fadila hésite, Fadila résiste, Fadila parfois progresse, mais parfois régresse. Malgré ses progrès en dents de scie dans le domaine de la grammaire, l’affection entre les deux femmes croît, elle, de jour en jour. Sauf que dans la vie de Fadila, il n’y a pas que les livres, comme dans celle d’Edith. Dans sa vie de femme éreintée par le travail pénible, par les enfants trop nombreux à élever, par les déracinements successifs, par un quotidien de misère et de violence, les livres c’est important, mais ça reste périphérique."

 

 

Pour Farid, c’est un choc. Deux chocs, même. Le premier, c’est la mort de son père qui le convainc qu’il a l’âge d’arrêter les magouilles et de rentrer dans le rang. Mais le vrai choc arrive après : quand il découvre l’univers impitoyable de l’administration. Pour obtenir les papiers qui lui sont indispensables à exercer un travail honnête, il a effectivement besoin d’une foule de papiers.

Alors, il prend son ticket à l’accueil du Centre Administratif. Puis, il part à la recherche du bureau 2025 d’où on l’envoie au bureau 1033. Essaie de piger où il faut cocher quoi dans le formulaire 231-62-2. Drague une hôtesse. Croise un étudiant de Sciences Po qui prépare un mémoire sur « l’acculturation et la notion de service public. » Cotoie quelques individus aussi perdus que lui, ou davantage, dans les méandres intestinaux de l’ogre administratif. Les situations cocasses s’enchainent. Puis un événement crée la panique et le quiproquo. Le roman s’emballe. A chaque page, on rit. Parfois de bon coeur, parfois nerveusement, puis de plus en plus jaune.

Car sous ses dehors de satire voltairienne sur les absurdités d’une administration nébuleuse et tentaculaire, se cache une réflexion intense et sans complaisance sur une société à plusieurs vitesses, dans laquelle les « inclus » causent stratégie de communication dans de moelleux appartements haussmaniens tandis que les « exclus » abandonnent leur courage et leurs espoirs au fond de couloirs froids désertés par l’humain. Quant aux autres, les « agents » (administratifs, sociaux, de police), qui sont supposés « faire le lien », les voilà rendus à l’état de specimens kafkhaïens, forcés d’expliquer un monde auquel ils ne comprennent plus rien.

 

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Source : Prix du Roman Social

 

 

 

 
 

 
 
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